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La Solidarité de la Croix

La croix est la fin de toute séparation, de toute barrière entre Dieu et les hommes, ainsi qu’entre l’homme et l’homme : la croix abat le mur qui séparait les deux peuples. C’est là la nouveauté de la foi chrétienne par rapport à l’économie juive : tous les codes conduisant à la séparation ont été dépassés dans la Croix du Christ et l’issue à laquelle conduit la Croix est la solidarité.

Jésus, en mourant, accepte la plus complète solidarité avec les hommes. Il prend sur Lui la condamnation, le supplice de la Croix. Il n’est pas possible d’imaginer solidarité plus totale, parce qu’ « il a été compté parmi les scélérats » (Lc 22, 37),   « il a été fait péché pour nous » (2 Co 5,21), il est « devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13) : dans sa vie il s’était assis à la table des pécheurs, parmi les publicains et les prostituées, pour manger et boire avec eux, et sa mort s’était produite parmi les malfaiteurs.

Pour les chrétiens, c’est-à-dire pour l’Église dans le monde, cela signifie avoir reçu deux consignes claires : c’est dans la solidarité avec les hommes, avec le monde, que les chrétiens se sanctifient ; et c’est dans leur vie, leur corps et leur pratique quotidienne, qu’ils accomplissent le sacrifice authentique, en abolissant toute séparation entre le culte et la vie ordinaire. Il s’agit de faire la volonté de Dieu en pratiquant la solidarité avec les hommes, en vivant la condition humaine jusqu’au bout.

Jésus a montré Dieu dans le personnage du Samaritain qui abolit les codes de séparation observés par le prêtre et le lévite    (Lc 10, 29-37). Le chrétien est cet homme qui se tient dans le compagnonnage avec les hommes, en mettant en pratique la communion et en refusant toute logique arrogante et orgueilleuse de distinction et de supériorité.

La solidarité instaurée par la Croix doit donc conduire le chrétien à un regard neuf sur l’histoire et sur le monde ; elle doit l’amener à prendre acte de la dimension positive, bonne, de l’histoire ; parce qu’en elle, précisément, est entrée la Parole, le fils de Dieu fait homme, parce qu’en elle, il y a pour toujours le signe de la Croix et la force de la Résurrection. L’espace de la foi n’est pas un camp retranché, ni un temple d’où regarder le monde

Il s’agit alors de vivre tout à la fois une radicalité évangélique et une solidarité humaine totale. Sans confusion, mais sans séparation non plus. La vie de l’homme est placée sous le signe de la bénédiction, contredite par le péché et par le mal, mais toujours reproposée par le pardon, par la miséricorde de Dieu qui naît de la Croix et de la Résurrection.

+ Claude Sirvent

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